Held in Your Hand
Chapitre 10 | Au bord de l'eau
« À tout à l’heure ».
Je ne pensais pas que ça me resterait autant en tête.
Surtout que c’est Jade qui l’avait prononcé.
J’ai fait semblant d’être normal pendant une bonne partie de l’après-midi. Ce qui, chez moi, consiste surtout à ne pas parler plus que nécessaire, faire semblant de regarder autre chose et espérer que mon visage ne donne pas l’impression d’être en train de réfléchir beaucoup trop fort à une phrase de cinq mots.
« Viens avec moi tout à l’heure. »
Ce n’était pas une déclaration.
Ce n’était même pas vraiment une invitation claire, si on voulait être rigoureux.
Mais il y avait dans sa manière de me l’avoir dit quelque chose d’assez simple et d’assez direct pour que mon cerveau refuse complètement d’être raisonnable.
Les autres avaient fini par se disperser un peu. Certains étaient remontés dans leurs chambres, d’autres traînaient encore sur la terrasse.
Mehdi parlait à trois personnes différentes en même temps, avec cette aisance obscène des gens qui pourraient probablement lancer une soirée dans un ascenseur, pendant que Monsieur Delmas et Lyralda avaient disparu depuis quelques minutes.
Moi, j’étais resté près de la rambarde avec un verre d’eau presque vide dans la main.
Le lac renvoyait la lumière du soir avec une insolence tranquille.
— T’as l’air de surveiller une scène de crime, a dit Jade derrière moi.
Je me suis retourné.
Elle avait gardé sa veste claire, mais ouvert son col. Ses cheveux bougeaient un peu avec l’air plus frais de la fin d’après-midi. Elle ne tenait rien dans les mains, ce qui me donnait l’impression qu’elle était venue juste pour moi.
Ce qui était probablement faux.
Peut-être.
— Je regarde l’eau, j’ai dit.
— Avec beaucoup trop de gravité pour quelqu’un qui regarde juste de l’eau.
— Je me prépare psychologiquement à y tomber.
— Dis donc.
Elle s’est mise à côté de moi.
— C’est sérieux alors.
On est restés quelques secondes sans parler.
Le lac était plus beau à cette heure-là. Plus sombre aussi. La lumière glissait vers quelque chose de plus doré, de plus doux. L’hôtel derrière nous faisait un bruit léger, lointain.
Jade a fini par montrer du doigt le sentier qui descendait vers la rive.
— Viens.
— Maintenant ?
— Oui, maintenant.
— Et si quelqu’un nous cherche ?
Elle a tourné la tête vers moi.
— Eliott.
— Oui ?
— On va juste marcher cinquante mètres.
— D’accord.
— Tu dis ça comme si je t’emmenais commettre un délit.
— Je me protège de l’inconnu.
— C’est très mignon, cette façon de dire.
Je l’ai regardée.
— Tu es insupportable.
— Et pourtant, tu me suis.
Je n’ai pas répondu.
Parce qu’elle avait raison, ce qui devenait une habitude fatigante.
On a pris le petit sentier en bois qui descendait vers la rive. Il longeait quelques herbes hautes et menait à un petit ponton un peu plus bas, presque au niveau de l’eau. À mesure qu’on s’éloignait de la terrasse, les bruits de l’hôtel devenaient moins présents.
Et très vite, on s’est retrouvés dans une bulle étrange.
Pas silencieuse.
Mais plus privée.
Le lac bougeait à peine. On entendait surtout l’eau contre le bord, le bois sous nos pas et, parfois, le vent dans les branches derrière nous.
Jade marchait devant moi sans se presser.
Elle s’est arrêtée au bout du ponton et a regardé l’eau.
— Voilà.
— Voilà quoi ?
— Je t’ai sorti de la terrasse.
— Merci, je suppose.
— De rien.
Elle s’est tournée à moitié vers moi, puis a baissé les yeux vers la surface du lac.
— Franchement, c’est joli.
— Oui.
— Tu peux dire autre chose que oui, parfois.
— Je sais.
— Montre-moi.
— Là, tout de suite ?
— Oui.
J’ai regardé l’eau, puis elle.
— C’est… très calme.
— Mieux.
— Et ça a l’air moins hostile vu d’ici.
— Ah voilà, on avance.
Elle s’est mise à rire doucement.
Pas le rire qu’elle a avec Mehdi ou au bureau quand elle lance une pique et attend l’effet. Un rire plus petit, plus proche. Le genre qui donne l’impression qu’elle s’amuse vraiment, sans public.
Je me suis avancé jusqu’au bord du ponton.
L’eau était très claire près des planches. On distinguait encore les pierres sous la surface, quelques reflets, des ondulations minuscules.
Jade s’est approchée à son tour.
Très près.
Pas collée contre moi.
Mais suffisamment pour que je sente à nouveau ce parfum léger, sucré, et que mon corps décide de réagir à cette information.
— Bon, a-t-elle dit.
— Quoi ?
— Enlève tes chaussures.
Je me suis tourné vers elle.
— Pardon ?
— Tes chaussures.
— Pourquoi ?
— Tu veux pas faire trempette ?
J’ai regardé le lac.
Puis elle.
Puis le lac à nouveau.
— Non.
— Non ?
Je connaissais ce ton. Celui qui voulait dire qu’elle n’abandonnait pas, qu’elle venait au contraire de considérer la situation comme intéressante.
— Pourquoi non ?
— Parce que, déjà, il fait froid, enfin un peu. Ensuite, c’est bizarre. Et enfin, il y a potentiellement des gens qui pourraient nous voir.
— C’est ton argument principal, ça ? Les gens ?
— C’est un argument très correct.
— Moi, je le trouve triste.
— Merci.
Elle a croisé les bras.
— Tu sais que parfois, dans la vie, il faut juste faire un truc idiot sans réfléchir.
— C’est généralement comme ça que commencent mes mauvais souvenirs.
Elle a eu un sourire.
— Alors je vais t’aider à en créer un meilleur.
La phrase m’a pris de court.
Pas complètement romantique.
Pas complètement neutre non plus.
Juste assez pour rester quelque part dans un endroit très inconfortable pour mon système nerveux.
Elle s’est baissée, a retiré ses talons sans hésiter et a remonté un peu le bas de son jean.
Puis elle a mis un pied dans l’eau.
— Oh putain, c’est froid, a-t-elle dit immédiatement.
J’ai ri malgré moi.
— Ta gueule.
— Je n’ai rien dit !
— Ton visage parle beaucoup trop pour une fois.
Elle a mis l’autre pied dans l’eau et a fermé les yeux une demi-seconde.
— C’est horrible.
— Pourquoi vous le faites alors ?
— Pour l’expérience.
Elle a rouvert les yeux et m’a regardé.
— Et parce que je veux te voir hésiter encore un peu.
— C’est mesquin.
— Oui.
Elle l’assumait avec une sincérité presque élégante.
Jade a avancé de deux pas dans l’eau, juste assez pour qu’elle lui couvre les chevilles, puis elle s’est tournée complètement vers moi.
La lumière du soir glissait sur elle d’une façon très particulière.
Ses cheveux bougeaient à peine avec le vent. Elle avait les bras légèrement écartés pour garder son équilibre. Et elle souriait de ce sourire précis, celui qu’elle a quand elle sait très bien ce qu’elle est en train de faire.
J’ai eu une pensée très simple.
Elle est belle.
Pas comme une idée abstraite.
Pas comme une formule pratique pour résumer une attirance.
Belle d’une manière précise, vivante, agaçante.
Belle au point de rendre mes réponses moins efficaces.
— Alors ? a-t-elle demandé.
— Alors quoi ?
— Tu viens ou tu vas continuer à me regarder comme si j’étais une expérience sociale risquée ?
Je me suis figé une seconde.
— Je vous regardais pas comme ça.
— Menteur.
Elle avait raison.
Encore.
Je me suis accroupi pour enlever mes chaussures avec la dignité relative d’un homme qui sent très bien qu’il est en train d’entrer volontairement dans une scène dont il ne maîtrise absolument pas le ton.
— Si je glisse, j’accuse officiellement le service commercial.
— Ça me semble juste.
J’ai remonté un peu mon pantalon, puis je me suis arrêté devant l’eau.
— Viens là.
Jade m’a attrapé par les mains avant de me tirer doucement vers elle.
J’ai posé un pied dans l’eau et regretté immédiatement l’existence de tous les lacs du monde.
— C’est froid !
— Oui, a dit Jade avec satisfaction. Bienvenue dans la nature.
— Je déteste déjà cette expérience.
— C’est faux.
— Si.
— Tu détestes juste admettre que tu fais un truc un peu idiot et que t’es malgré tout encore vivant.
J’ai avancé de deux pas.
L’eau me mordait les chevilles avec une franchise insupportable.
Jade s’est rapprochée.
Toujours avec cette facilité physique qui, chez elle, avait quelque chose de profondément déstabilisant. Comme si mon espace personnel était pour elle une notion souple, négociable, voire décorative.
— Tu vois ? a-t-elle murmuré.
— Je vois surtout que j’ai perdu toute sensation dans mes pieds.
— C’est normal.
— C’est pas rassurant.
Elle a ri.
Puis, sans prévenir, elle a poussé un peu d’eau vers moi du bout du pied.
Je l’ai regardée, incrédule.
— Vous venez de m’attaquer, madame !
— Oui.
— C’est très immature.
— Merci.
J’ai hésité une seconde.
Puis j’ai fait la même chose.
Pas fort.
Juste assez pour lui renvoyer un peu d’eau.
Elle a sursauté.
— Ah !
— Équilibre des pouvoirs.
— Ooh. Il se rebelle ?
— Très légèrement.
— J’aime bien.
La phrase est tombée entre nous avec simplicité.
Je n’ai pas répondu tout de suite.
Parce que mon cerveau était occupé à essayer de déterminer si elle parlait de l’eau, de mon geste, de moi, ou d’un mélange très irritant des trois.
Elle s’était rapprochée encore.
On était à la même hauteur maintenant, les pieds dans l’eau, presque face à face, dans cette lumière de fin de journée qui rend tout plus doux et beaucoup plus propice aux mauvaises décisions.
— Vous aimez bien quoi, exactement ? j’ai demandé.
Elle a levé un sourcil.
— T’entendre demander ça comme si t’étais au bord d’une crise.
— Réponds quand même.
Elle a penché légèrement la tête.
— Quand t’arrêtes de faire semblant d’être plus lisse que tu l’es.
Je l’ai regardée.
Le lac bougeait doucement autour de nos jambes. On entendait à peine les bruits de l’hôtel maintenant. Tout paraissait plus loin. Même mes réflexes habituels avaient un peu de mal à me rattraper.
— Je fais pas semblant d’être lisse.
— Bien sûr que si.
— Non.
— Si.
— C’est une fixation chez vous, de me contredire ?
— C’est une activité de service public.
Je crois que j’ai souri.
Elle aussi.
Puis le silence est revenu.
Pas un silence vide.
Quelque chose de plus dense.
Elle me regardait vraiment. Sans téléphone, sans collègue à côté, sans conversation parallèle. Juste moi.
Et c’était plus difficile à supporter que ses piques.
— T’es mignon quand tu réfléchis trop, a-t-elle dit.
J’ai cru avoir mal entendu.
— Pardon ?
Elle a haussé une épaule, comme si elle venait de commenter la météo.
— J’ai dit que t’étais mignon quand tu réfléchis trop.
Je crois que mon cœur a raté quelque chose d’important.
— Ah.
Éblouissant.
— Ah ? a-t-elle repris.
— Je… d’accord.
— C’est une réponse très faible.
— Je n’avais rien préparé.
Elle a laissé échapper un rire bref.
Puis elle s’est approchée encore un tout petit peu.
Pas assez pour qu’on se touche vraiment.
Juste assez pour que l’idée s’installe.
— T’as pas besoin de préparer grand-chose avec moi, Eliott.
Dit comme ça, mon prénom dans sa bouche avait quelque chose de beaucoup trop calme pour être honnête.
— C’est pas vraiment rassurant, j’ai murmuré.
— Pourquoi ?
— Parce que j’ai l’impression que tu vois tout.
Elle a baissé les yeux une seconde vers l’eau.
Puis elle a relevé la tête.
— Je ne vois pas tout. Je décide simplement d’accorder mon attention.
Je n’étais plus très sûr de savoir quoi faire de mes mains, de mes pieds, ni du reste.
Alors j’ai regardé l’eau.
Très mauvaise idée.
Parce que ça me rendait encore plus conscient du fait qu’on se tenait là tous les deux comme un couple de roman un peu trop évident pour être réel. Au bord d’un lac, à moitié mouillés, à parler trop près, dans une lumière absurde.
— Vous dites souvent ce genre de choses à vos collègues ? j’ai demandé.
Elle a souri tout de suite.
— Mmhh…
— Quoi ?
— T’es jaloux d’un groupe imaginaire.
— Pas du tout.
— Si.
— Non.
— Un peu.
Je me suis passé une main dans les cheveux, déjà agacé par ma propre incapacité à avoir l’air normal.
— Je demande juste.
— Non. Tu vérifies.
Elle avait encore raison.
J’ai détesté ça.
Et aimé qu’elle le voie.
Jade a bougé un peu dans l’eau, puis elle a regardé le ciel qui commençait à changer de couleur.
— Pour répondre à ta question… non.
Je me suis tourné vers elle.
— Non quoi ?
— Non, je ne dis pas ça à n’importe qui.
Le problème, avec la franchise, c’est qu’elle ne laisse pas beaucoup de place pour fuir.
Je l’ai regardée sans rien dire.
Elle n’avait plus l’air de plaisanter à moitié.
Son ton était resté léger, oui.
Mais pas vide.
Elle a fait encore un demi-pas vers moi.
Cette fois, nos bras se sont frôlés.
Rien d’énorme.
Rien que je puisse accuser officiellement.
Mais assez pour que je sente une chaleur nette traverser tout ce qui, en moi, essayait encore de prétendre qu’il s’agissait d’une conversation banale.
— Et toi…
Elle souriait de nouveau.
— Quoi, moi ?
J’ai inspiré.
Très mauvais plan.
— Je te plais, ou c’est juste une activité de séminaire ?
Elle m’a regardé avec une expression que je n’avais encore jamais vue chez elle.
Toujours amusée, oui.
Mais plus douce aussi. Plus droite.
— Les deux sont compatibles, a-t-elle dit.
J’ai baissé les yeux une demi-seconde.
Ça ne m’a pas aidé.
— C’est une réponse…
— C’est une vraie réponse.
Petit silence.
Puis elle a ajouté, beaucoup plus simplement :
— Oui, tu me plais.
Le lac a continué à bouger comme si de rien n’était.
Le vent aussi.
Quelqu’un a ri très loin derrière nous, du côté de l’hôtel.
Et moi, j’avais l’impression qu’une partie du décor venait de se décaler d’un centimètre.
Pas une catastrophe.
Pas un feu d’artifice.
Juste quelque chose d’assez net pour rendre impossible le retour à l’état précédent.
— Ah, j’ai dit.
Elle a éclaté de rire.
— C’est encore pire que tout à l’heure.
— Tu m’as pris de court.
— Tant mieux.
— Pourquoi ?
— Parce que sinon tu m’aurais répondu un truc prudent. Poli. Très Eliott-compatible.
Je crois que j’ai eu un sourire malgré moi.
— C’est pas faux.
— Je sais.
Elle a baissé les yeux vers l’eau.
— Et toi ?
Question simple.
Absolument insupportable.
— Moi quoi ?
— Faut vraiment que je fasse tout le travail ?
— Apparemment.
Elle a levé les yeux au ciel, mais sans perdre son sourire.
— Est-ce que je te plais ?
Je l’ai regardée.
Là, vraiment.
Ses cheveux. Son visage. Sa bouche un peu trop proche. La lumière sur sa peau. La manière qu’elle avait de tenir l’instant sans le casser, sans détourner les yeux, comme si elle supportait très bien la vérité quand elle se présentait.
Et moi, j’étais là à essayer de continuer à fonctionner alors qu’elle me demandait simplement de dire quelque chose d’évident.
— Oui, j’ai dit.
Elle n’a pas bougé.
— Oui quoi ?
— Oui, tu me plais.
C’était sorti plus bas que prévu.
Mais c’était sorti.
Jade a eu un sourire différent.
Pas large.
Pas triomphant.
Quelque chose de plus petit.
Et, pour une fois, presque timide.
— Bien, a-t-elle murmuré.
— Bien ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que j’avais pas envie d’être la seule à trouver cette situation bizarrement romantique.
Je crois que mon cerveau a brièvement quitté la conversation.
— Ah.
— Tu fais beaucoup de ah aujourd’hui.
— J’ai un vocabulaire limité sous pression.
— C’est attendrissant. J’aime bien quand tu paniques un peu.
— C’est cruel.
— Un peu.
Elle avait dit ça doucement.
Puis elle a tourné légèrement la tête vers l’hôtel.
La lumière sur la terrasse avait changé. Le dîner n’allait pas tarder.
Jade a reculé d’un pas dans l’eau.
— Bon.
— Bon ?
— On devrait peut-être remonter avant qu’ils envoient une équipe de secours.
— Ce serait gênant.
— Très.
On est sortis de l’eau en silence.
Pas un silence gêné.
On a remis nos chaussures sur le ponton. J’avais les mains un peu maladroites, ce qui me semblait cohérent avec le fait que les dix dernières minutes venaient de rendre beaucoup de choses plus compliquées.
Ou plus simples.
Je ne savais pas encore.
En remontant le sentier, Jade a ralenti un peu pour marcher à ma hauteur.
— Eliott ?
— Oui ?
— Fais pas cette tête au dîner.
— Quelle tête ?
— Celle du gars qui vient de découvrir qu’une fille lui plaît et que c’est réciproque.
— J’ai pas cette tête.
Elle a ri.
Puis, juste avant qu’on retrouve vraiment la terrasse, elle a attrapé brièvement mon poignet.
Juste pour m’arrêter une seconde.
Je me suis tourné vers elle.
Elle s’est rapprochée, très légèrement, comme si elle allait me dire quelque chose d’important.
— Et au cas où tu commencerais à douter d’ici là…
— Oui ?
— J’étais pas en train de te taquiner pour rien depuis le début.
Puis elle a relâché mon poignet comme si ce n’était rien.
Comme si elle n’avait pas laissé cette phrase exactement là où elle savait qu’elle allait rester.
Et elle a repris sa marche.
Je l’ai suivie, avec l’impression très nette d’avoir laissé quelque chose au bord de l’eau.
Ou d’y avoir trouvé quelque chose.
Quand on est revenus près de l’hôtel, les voix semblaient plus proches.
La soirée aussi.
Et je savais déjà que j’allais probablement repenser à cette scène beaucoup trop de fois.
Ce que je ne savais pas encore, en revanche, c’est qu’il suffisait de presque rien pour abîmer un moment qu’on avait à peine commencé à croire réel.